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SLIM EN DÉDICACE AU FIBDA

SLIM EN DÉDICACE AU FIBDA

De joyeuses retrouvailles avec un pionnier

Il y avait, samedi 3 octobre, un peu plus qu’une séance de dédicace autour de la table de Slim. En venant signer ses deux derniers albums, « Le coup d’éventail » et « Bad News », le dessinateur retrouvait surtout un lieu, un public et des visages familiers.

Au FIBDA, où les amateurs de bande dessinée se croisent, discutent et feuillettent les albums à la recherche d’un dessin ou d’une signature, la présence de Slim avait forcément quelque chose de particulier. Figure majeure de la bande dessinée et de la caricature algériennes, Menouar Merabtène, plus connu sous le nom de Slim, était de retour dans un festival qu’il connaît bien, mais qu’il n’avait pas fréquenté depuis plusieurs années. « Ah, c’est vraiment un plaisir infini de rencontrer des amis, des lecteurs, des gens qui aiment la bande dessinée », nous a-t-il confié, visiblement heureux de renouer avec cette ambiance et avec ceux qui ont suivi son travail au fil des décennies. Et des années, il y en a effectivement eu quelques-unes. « Oui, oui, longtemps, oh là là ! Plusieurs années que je ne suis pas venu », reconnaît-il avec cette spontanéité qui lui ressemble. Le dessinateur semble presque redécouvrir le festival en même temps que son public. « Je le trouve extraordinaire, je ne m’attendais pas à ça. Il y a tellement de monde ! » lance-t-il, amusé par l’affluence autour du festival et par l’enthousiasme des visiteurs. Une surprise qui dit aussi quelque chose de la place que Slim continue d’occuper dans l’imaginaire de plusieurs générations de lecteurs algériens.

Car Slim n’est pas seulement un auteur venu présenter deux albums. Né en 1945 à Sidi Ali Benyoub, Menouar Merabtène appartient à cette génération de créateurs qui ont contribué à donner à la bande dessinée algérienne ses premiers grands personnages et ses propres codes. Pionnier de la caricature et de la bande dessinée en Algérie, il compte parmi les fondateurs de la revue « M’Quidèch », publication devenue emblématique de l’histoire du neuvième art algérien. Avec Bouzid, Zina ou encore le fameux El-Gatt M’Digouti, Slim a créé des personnages qui ont largement dépassé les cases de leurs albums, en devenant des figures familières, reconnaissables au premier coup d’œil, témoins à leur manière d’une époque, de ses travers, de ses contradictions et de son quotidien. Son travail, publié en Algérie comme en France, a également contribué à faire connaître la création graphique algérienne au-delà des frontières. Son parcours a d’ailleurs été officiellement salué par le FIBDA en 2009, lorsque le festival lui a rendu hommage pour sa contribution au patrimoine culturel algérien. Dix-sept ans plus tard, le retrouver derrière une table de dédicace a quelque chose de symbolique : le pionnier revient au milieu d’un public qui, pour une partie, a grandi avec ses personnages et, pour une autre, les découvre peut-être aujourd’hui.

La dédicace de « Le coup d’éventail » et de « Bad News » aura été ainsi une occasion de retrouvailles autant qu’un moment de transmission. Au fond, samedi, il n’était pas seulement question de deux albums à signer. Il était question de retrouver le FIBDA, de retrouver les lecteurs et, surtout, de constater que l’art de Slim n’a pas pris une ride.